18 juillet 2006

Israël, le cas d'école

 

Risque d'un nouveau chaos

Les Palestiniens seraient condamnés à la haine et au désarroi, ils perdraient ce privilège qui fut le leur d'être les fers de lance d'un monde arabe laïc et moderne pour embrasser, par dépit, les thèses les plus suicidaires… En ne condamnant pas Israël de façon exemplaire, en ne punissant pas Israël, la communauté internationale prend le risque de précipiter le Moyen Orient dans un nouveau chaos.

Cette vision manichéenne d'une certaine forme de justice n'est pas aussi scandaleuse qu'il n'y paraît. En persistant à ne pas sanctionner les agissements des états coupables de violations des conventions ou des résolutions, la communauté internationale s'embourbe et se sclérose. Il n'est pas question de la comparution de responsables politiques ou militaires d'un pays devant une cour de justice. Quand un Etat, membre de l'ONU, signataires des conventions gérant les règles de coexistence entre les nations, rompt délibérément ses engagements, il est dangereux de ne pas réagir. Et s'accorder à ne considérer que le droit du plus fort, réduit la planète à une cour de récréation d'un collège en zone défavorisée.

 

Une question de survie

Parfois la sanction évite l'ostracisme au coupable, son isolement, la haine dont il pourrait être l'objet. Israël n'est pas un Etat fasciste, il ne mérite pas d'être mis au ban des nations. Mais Israël se comporte en Etat délinquant. C'est une question de survie disent ses dirigeants, qui semblent dédaigner le fait que l'existence légale de leur pays est le fruit d'une des premières décisions d'importance des Nations Unies. C'est pourtant aussi une question de survie que de s'adapter à ses voisins.

Ce qui est vrai pour Israël, l'Iran ou la Syrie ne l'est pas pour le Hezbollah, pour le Hamas ou pour un autre groupe idéologique. Ce n'est pas la même cour de récréation. Les Etats doivent assumer leurs responsabilités morales et politiques indéniables et originales. Les organisations supranationales, idéologiques ou non, terroristes ou non, répondent à d'autres critères.

L'Union européenne pèse lourd dans l'économie d'Israël : 28 % des exportations de l'état hébreu, 41% de ses importations, 22 milliards d'euros d'échanges commerciaux en 2004.

C'est à ce niveau, au niveau des relations bilatérales, des accords douaniers, des conventions académiques que le comportement d'Israël pourrait être sanctionné. Geler certaines conventions, limiter certains accords pour une durée déterminée pèserait sans doute assez lourd pour qu'un gouvernement prenne en considération les conséquences de ses actes.

L'Etat d'Israël a le droit indiscutable, indéniable d'exister en sécurité, il pourrait être un cas d'école.

Ron Linder

Pour avoir violé conventions et résolutions, l'Etat hébreu doit maintenant faire l'objet de sanctions claires.

Qu'Israël ait tort ou raison n'a aucune importance. Israël n'avait pas le droit de bombarder, occuper le Liban, de tuer ses habitants. La communauté internationale, les opinions publiques, les puissances financières et économiques doivent faire de cette agression un cas d'école au risque de ne plus pouvoir exiger de l'Iran qu'il ne développe pas son projet de programme nucléaire, d'empêcher, au nom de « la Reconstruction et la démocratisation » du pays, la guerre civile en Irak, de persuader les Syriens de rester absents d'un Liban décimé.

Posté par RonDon à 19:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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